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Enigmes du Sud - Voyage au Maroc - Avril 2002
 

1er jour - Mercredi 27 mars 2002

Les photos de Philippe Wautriche

On part en car vers Zaventem à 10 heures 45 sur le parking de l'Athénée. Le décollage est prévu à 14h15. On arrive à Agadir à 18h50 après un arrêt d'environ une heure à Casablanca. On prend immédiatement l'autocar pour rejoindre Taroudant (ville située à 80 km d'Agadir) où nous arrivons à 21 heures, heure locale.

On s'installe à l'hôtel Saadiens ; où l'on nous sert directement notre premier repas marocain.

Saïd, qui n'avait pas reçu mon dernier e-mail et ne répond pas au téléphone, finit par me trouver. Le « Saïd à vélo » qui zonait déjà en novembre, s'incruste avec nous. Nous passerons la soirée sur la place Azarag ; Marie-France nous accompagne.

Isabelle et Liliane se méfient et rejoignent les élèves super contents : il y a une piscine ! Chouette, c'est la fête ! Un peu trop d'ailleurs. Quand je les retrouve à minuit, certains sont déjà « chouettes », quand je les quitte une heure plus tard, le guide est à leur côté et leur dit que « c'est très bien comme cela » mais à deux heures du matin, il n'a plus le même avis et menace d'appeler la police. Personnellement, le bruit ne m'empêche pas de dormir. Ce n'est pas le cas de mes collègues, du guide… et de certains clients qui décident de quitter l'hôtel.

2e jour - jeudi 28 mars

Je me lève à 5 h du matin: j'ai envie de voir le départ des femmes de Taroudant pour leur journée de travail. Saïd vient me chercher car j'ai peur de me perdre (et le reste) dans les petites ruelles de la ville. Mais il pleut, c'est même la drache nationale (belge bien entendu). Ces dames rentrent chez elles, les pick-up qui viennent habituellement les chercher rentrent bredouilles.

Après plusieurs verres de thé à la menthe, je vais déjeuner avec le groupe à l'hôtel… et je m'oblige à faire une petite mise au point sur le sommeil des autres clients dans les hôtels. Notre guide, Ali, a prévu un tour guidé des remparts ainsi que des souks. Il change son programme quand il m'entend prendre rendez-vous avec Saïd. Qu'à cela ne tienne, on ne me désarçonne pas aussi vite et je rectifie mon rendez-vous. Hélas, l'artiste sculpteur de pierre que Marie-France souhaite voir n'est pas encore dans son atelier. Finalement, Marie-France et moi ferons le tour des souks (et elle trouve même une paire de souliers). Il y a de la gadoue partout. Quant au groupe : il aura droit à un tour express et sans arrêt… suivi de 25 minutes d'attente dans l'autocar parqué sur la place Azarag. L'imprécision marocaine commence. Marie-France et moi arrivons à l'heure prescrite par le guide et nous faisons (enfin !) le tour des remparts de la ville.

On quitte ensuite Taroudant en direction de Ouled Berhil, on passe à Aoulouz, on aperçoit le Ksar de Taliouine ; on prend d'ailleurs le repas de midi un peu plus loin, à l'hôtel IBN Toumert. Les tapis de Tazenakht nous incitent à faire un arrêt ; certains achètent… et j'en suis. Les différents points de vue de cette route sont splendides. On passe le col de Tiz ‘n Bakkarine, on aperçoit la kasbah de Tifoultoute (vite une photo !) pour rejoindre enfin Ouarzazate.

Nous logeons à l'hôtel Draa (à 2 km du centre de la ville sur la route de Zagora - tél. +212 44854761). C'est aussi un hôtel avec piscine mais les élèves ne la trouvent pas. Le quartier est assez mort mais on trouve un petit épicier aux produits bien alléchants ainsi qu'un marchand de tapis décidé à faire des affaires… mais il n'a pas de chance ! Plusieurs décident d'aller voir Ouarzazate malgré l'avertissement de notre guide (et du guide du routard) : effectivement, il n'y a rien à voir à Ouarzazate. Nous finirons la soirée devant une pizza (vraiment le repas du soir était un peu frugal) ou un yaourt (délicieux).

3e jour - vendredi 29 mars – Vers le Sud

A Ouarzazate, juste en face du club Med se trouve une magnifique kasbah : la Kasbah de Taourirt. Le guide spécialement désigné pour nous la faire visiter est assez original dans ses explications. Très bel intérieur. Murs extérieurs décorés. Chouette... si ce n'était l'existence des moucharabiehs (ces grillages aux fenêtres qui permettent aux femmes de voir sans être vues). Décidément, ce n'est pas vraiment chouette d'être une femme ici. Cela évolue mais lentement, trop lentement à mon goût si je devais y vivre.

Nous prenons ensuite la route vers Agdz en passant par le col du Tiz n' Tinnifift (1660 m). Pas d'arrêt à Agdz. Ali a préféré nous arrêter dans un établissement super moderne. Pas à notre goût certes mais aux sanitaires irréprochables, ce qui est un avantage appréciable. Pendant quelques minutes, on prend le soleil au jardin.

On continue notre route. De curieux arbres en forme de parasol: des acacias africains. Ali nous montre quelques jolis points de vue et notamment celui duquel on aperçoit la kasbah du Caïd Ali. (photos !). Des enfants nous proposent des paniers tressés contenant des dattes (pas fraîches les dattes !) et de petits animaux tressés en feuilles de papyrus. Il est nécessaire d'avoir toujours sur soi une provision de pièces de 1 dirham ! Quelqu'un nous présente deux petits animaux, bien vivants ceux là : un caméléon et un autre que nous n'identifierons pas avec certitude ; serait-ce un varan du désert ? Jeu de photos une fois de plus… pour quelques dirhams évidemment.

Nous continuons notre route le long de la vallée du Draa. Le Drâa est le plus long fleuve du Maroc, mais hélas à cause de la sécheresse, il se perd dans le désert et n'arrive jamais à l'océan. La vallée du Drâa est une suite de palmeraies qui nous conduisent, doucement mais sûrement à Zagora. Nous prenons le repas de midi au restaurant « Caravane du désert » dans un cadre magnifique (d'ailleurs le serveur aussi est magnifique… dommage que nous n'ayons plus 20 ans !). On nous demande de nous déchausser pour entrer dans le restaurant, tradition marocaine oblige. Hélas si le décor intérieur est splendide, l'environnement extérieur est décevant. Nous disposons pourtant d'un peu de temps libre après le repas. Les élèves suivent des jeunes enfants qui les conduisent dans la palmeraie. Nous préférons prendre le thé au bord de la piscine dans les jardins du magnifique hôtel situé juste en face : la « Fibule du Drâa ».

Vingt-deux kilomètres plus loin, nous arrivons à Tamegroute. Nous visitons la célèbre bibliothèque contenant des manuscrits précieux (ah, si les cahiers de nos élèves pouvaient y ressembler un tantinet !) et ensuite le village ancien. Surprenant. Un potier aussi, avec des dominance de vert (couleur obtenue avec du manganèse associé au cuivre).

Finalement, nous prenons la direction de notre logement : un bivouac au pied de la Grande Dune. Elémentaire le bivouac, mais tout le monde semble heureux de se retrouver en pleine nature, dans le sable… La plupart entreprennent une balade à dos de dromadaire au coucher du soleil.

Soirée paisible. Les proprio de « Caravane du Sud » ont donné un coq (vivant !) à notre équipe technique (le chauffeur, Hamid, son aide de camp, Hicham et le guide Ali). Ali me conviera à en manger un bout avec eux plus tard dans la soirée (après le couscous). Un bivouac c'est une première pour notre chauffeur… qui loge dans le car, avec Hicham. Ali dormira sur les coussins du « restaurant ».

4e jour - samedi 30 mars

Youssef (le chef de camp) avait promis de nous réveiller au lever du soleil… mais il s'est trompé d'heure. Heureusement, Marie-France a vu « des lueurs roses » dans le ciel est sautée de son lit en nous appelant (pardon : est sortie de son sac). Nous avons juste eu le temps de prendre quelques clichés.

Bonne idée de se lever tôt : on va pouvoir faire ses ablutions tranquillement avant le lever des élèves. Hélas, la pompe ne veut pas fonctionner, donc il n'y a pas d'eau… Juste un malheureux seau même pas plein. Il nous suffira. Tandis que Liliane arpente les dunes à la recherche de clichés exceptionnels, Marie-France, Isabelle, Philippe (qui nous a rejoint) et moi synchronisons nos actions et partageons ces quelques gouttes d'eau de manière à « être propre quand même ». Je crois que Liliane a raté les clichés originaux !

Nous prenons la route vers Tansikht, village où nous sommes d'ailleurs passés hier. On s'arrêtera d'abord à Zagora pour une pause sanitaire (pas triste les WC là-bas, on aurait dû faire une photo… qui n'aurait pas rendu… l'odeur !à et à N'Kob (un petit marché local où Charly achètent de magnifiques sandales et où Bill négocie un kilo de tomates…). On emprunte la nouvelle route du Sud ; quelques 500 km nous attendent alors que le soleil est au zénith ! Affreux. Nous traversons Tazzarine et nous dirigeons vers le Tifilalet. Nous atteignons Rissani situé à 240 km environ. Autrefois, Rissani était la capitale économique du Maroc et s'appelait Sijilmassa. Très jolie la porte d'entrée de Rissani, très beau aussi le mausolée de Moulay Ali Cherif… mais cela ne valait pas le détour ! Nous dînons (les français diraient nous déjeunons…) à la kasbah Asmaa. Très joli établissement avec jardin et … piscine. Nous négocions une pause de 90 minutes au bord de la piscine. Indispensable !

Et nous reprenons la route vers Erfoud. Un peu plus loin, le long de cette route, à Pinti el Jorf ( ?), d'étranges puits, creusés il y a plus de 3 siècles mais maintenant à sec. La nuit est déjà tombée lorsque nous arrivons à Tineghir à l'entrée des gorges du Todra. L'auberge est située dans le prestigieux site des gorges dont nous avons à peine un aperçu. Il faut traverser le ruisseau pour l'atteindre (d'abord un gué pour le car et ensuite une planche de pont à pied pour entrer dans l'auberge « Les Roches ». Il fait froid…

5e jour - dimanche 31 mars

Nous nous promenons à l'entrée des gorges du Todra. Les gorges du Todra sont une crevasse qui coupe en deux une masse montagneuse impressionnante. A chaque détour, les vues sont superbes, grandioses. A vous couper le souffle ! Promenade sans guide (il ne jugeait pas cette promenade utile !) mais ce n'est pas notre avis. Très tôt le matin, il y a déjà des petits vendeurs à l'entrée des gorges. Nous redescendons ensuite à pied vers le gué. Manière d'encore profiter de ce merveilleux paysage. Bien nous en a pris comme vous le verrez plus tard.

Nous nous promenons ensuite dans Palmeraie de Tineghir flanqué d'un guide (bel homme au demeurant) qu ne guide rien du tout, perd une partie de son groupe… et nous conduit finalement dans le village aux maisons traditionnelles de couleur ocre, chez un fabricant (vraiment ?) de tapis berbères. Jolis les tapis, habiles les vendeurs. Je comprends qu'Ali insistait pour faire cette promenade (il se défend de toucher un bakchich mais qui le croit ?). Il n'empêche, le village abandonné (et son puits) valait le déplacement. Pour rappel : les maisons sont en pisé : murs de boue séchée.

Pas loin de là, juste après le village de Boulmane, se trouve l'entrée des Gorges du Dadès… que nous traversons en car, aller/retour : juste le temps d'atteindre l'auberge (en rénovation) où nous prenons notre repas. Ce n'est pas une piste comme les gordes du Todra, la route est goudronnée et serpente le long des pentes abruptes, au bord du précipice. Le paysage est un conte de fée, les casbahs épousent les couleurs des roches : mauve, rousse, fauve, pourpre… Mais la pluie est réapparue. Il fait froid. Certains sont malades… et j'en suis. Les paysages sont splendides mais nous n'en profitons guère. A noter pourtant : la structure originale de la roche (qui est du granit rose) ; la végétation est composée de nombreux peupliers argentés.

Nous atteignons la palmeraie de Skoura et refusons la halte : il pleut encore. Nous sommes pressés d'arriver à l'auberge d'Ait Ben Haddou. Mais nous y arrivons trop tard que pour profiter de la piscine. Il pleut toujours.  

6e jour - lundi 1er avril

Il a plus toute la nuit. Impossible de visiter le village d'Ait Ben Haddou. Mais cela le guide de nous le dit pas (on aurait dû le deviner !) et nous attendons une heure dans le car. Liliane est malade à son tour mais elle réussit quand même à prendre une photo du village situé juste à côte de l'hôtel.

Et c'est reparti pour des kilomètres dans un paysage surprenant : le Maroc sous la pluie. Nous traversons des torrents de boue. A certains endroits, la falaise s'est laissée aller sur la route. Les oueds sont toujours à sec mais… les ponts sont inondés. Nous rencontrons une voiture embourbée. Nous apprenons que la route vers Ouarzazate est coupée. Surprenant.

Nous empruntons le passage routier le plus haut de toute l'Afrique du Nord: le col le Tizi n' Tichka. Il fait toujours aussi froid. On s'arrête pour une pause sanitaire (toujours un arrêt « intéressant » avec des tas de tentations…). Notre guide ne trouve pas l'arrêt au sommet du col intéressant… (un vieux nous signale qu'ici « on ne donne pas de bakchich…).

Nous arrivons à Marrakech pour le repas de midi dans une ancienne maison très joliment décorée (le Dar Kenza)… mais il pleut à l'intérieur. Enfin, nous nous installons à l'hôtel TAZI. Le souper y est prévu : heureusement, la pluie, qui avait fait une pause (elle aussi) début d'après-midi, reprend de plus belle et la place Djema El Fna est vraiment originale sous la drache nationale (belge). Les souks sont boueux… mais cela ne nous arrête pas. On ne rate pas les cornes de gazelle de la pâtisserie Driss et je finis la soirée au cybercenter (tenu par une demoiselle… avec tchador certes, mais quand même…).  

7e jour - mardi 2 avril

Le matin, notre guide (il est malade lui aussi) nous fait visiter, au pas de course, le palais de la Bahia. Très joli, cela vaut la peine de faire sortir les « jeunes » du lit. Le reste de la matinée est libre. Les profs (et deux élèves) visitent les jardins Majorelle situé dans le quartier du Gueliz. Nous revenons au centre en calèche. Alternance de soleil et de pluie fine.

Mais déjà il faut embarquer les valises, prendre le repas (dans un restaurant typiquement marocain : le Palais Chahramane) et faire route vers Agadir. Encore des kilomètres à avaler. Saïd est là avec son copain Mohamed pour emmener les jeunes au « Foucet's » un bar avec musique et… bière. Mais les jeunes sont indécis. Ils profitent d'abord de la piscine et du bord de mer. Saïd se fait prendre par la police touristique en nous reconduisant à l'hôtel. Pas si libre que cela le Maroc. Pour notre sécurité certes. Mais mes assertions ne servent à rien. Enfin, plus de peur que de mal.  

8e jour - mercredi 3 avril

Je visite la cousine d'Ahmed (qui nous a retrouvé hier soir). A 7 heures du matin mais nous n'irons pas au hammam comme prévu car Salma est malade (je crois qu'elle a seulement ses règles). Encore une fois, je suis victime des imprécisions des machos marocains (Ahmed aurait pu prévenir !). Pas grave. La vie appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Ce n'est pas l'avis de nos élèves qui ont préféré la grasse matinée. Malgré le soleil, la chaleur (et oui, enfin !), la piscine et le fait que ce soit le dernier jour du voyage. Que dis-je, la dernière matinée. Nous quittons l'hôtel à 13 heures. L'avion est prévu à 14h50. Transit à Casablanca. Arrivée à Bruxelles à minuit heure locale. Nous arrivons à Esneux à 1h15. C'est déjà fini. Comme chaque fois, le voyage passe à la vitesse de l'éclair.

 

 

 

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