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Mykonos & Santorin - Avril 2003
 

Journal de route - La magie des Cyclades!

Pour voir quelques photos, cliquez ici.

Magie des Cyclades, oui, un voyage quelque peu ensorcelé en tout cas! Les mots clés: perdre, oublier, égarer, retrouver.

Zaventem, ce mercredi 9 avril 2003, début d'après-midi, départ pour Athènes. Avant même d'atteindre l'avion, Benjamin se rend compte qu'il a laissé veste et gsm dans le car qui nous amenait à l'aéroport! Enfin ne dramatisons pas, il retrouvera le tout au retour et le voyage ne fait que commencer.

Dix minutes plus tard, l'enregistrement des bagages ayant été réalisé en un temps record, je vois Georgette et Isabelle se fouiller mutuellement bien avant le contrôle officiel: elles s'accusent l'une l'autre d'avoir empoché - oui, mais dans quelle poche justement? - leurs cartes d'identité.

Le soir, nous partons tous ensemble boire un verre à la Plaka, il fait froid, il n'y a pas un chat dehors. Ou est l'ambiance débridée que nous promettent les guides? Mais nous surmontons ce désagrément. Il y a plus paumé que nous! Un chien perdu s'attache à nos élèves et ne nous quitte plus! Puis plusieurs chiens errants nous font un pas de conduite, risquant à tous moments de se faire renverser par les voitures. En fait, la circulation à Athènes est délirante avec ou sans les chiens!

Il ne faut pas attendre 24 heures pour que Christelle, en revenant de Delphes, n' oublie son portefeuille dans le car superbement camouflé dans un sac en plastique bleu, ça ne s'invente pas! Et dire que la Pythie ne nous avait même pas prévenus! Les traditions se perdent aussi, décidément !

Dans la foulée, et par solidarité, Georgette égare la liste de répartition des élèves par chambre. Enfin, pas de panique, de toutes façons les jeunes ne se retrouvent jamais au matin dans la chambre prévue le soir précédant! Il ne faudrait pas que leurs profs s'ennuient! Ils entretiennent de cette façon la rapidité de réaction de nos neurotransmetteurs.

Ceci dit, ces premières journées furent ensoleillées malgré la fraîcheur des nuits et des petits matins. Les premiers coups de soleil sont apparus au temple d'Apollon et surtout sur le stade de Delphes. Au milieu de ces péripéties (ou péripatéties?) Georgette a réussi a acheté trois tapis dans le village d'Aracova et Liliane, une fois n'est pas coutume, s'étonne de n'avoir rien oublié .fors son bonnet de douche!

On quitte Athènes à l'aube blême et blême elle l'est cette aube pourrie: ciel plombé, pluie battante pour monter dans le ferry qui nous emmène à Mykonos. Cinq heures de traversée sous un ciel bas et lourd. A l'arrivée la pluie s'est arrêtée. Nous sommes tous entiers, mais on a bien failli perdre Georgette dans ce bateau trop grand pour elle!

L'hôtel de Platis Gialos, le lady Anna, est superbe, blotti au bas de rochers volcaniques, dans une petite crique, le long d'une plage de sable pas très fin. Les chambres sont en marbre, la terrasse accueillante et la piscine attirante et glacée (l'impression de plonger dans un verre à long drink rempli de glaçons). Le temps se relève doucement, le soleil réapparaît . Bref c'est l'euphorie. On part à pied - car cet endroit idyllique est néanmoins un trou perdu - vers Hora la « capitale » de l'île située à quatre kilomètres, mais pas sur terrain plat! Georgette et moi, d'ailleurs nous nous renseignons pour une location de voiture.La découverte, oui! Mais dans le confort si possible! Hora est vraiment une superbe petite ville portuaire,avec ses maisons blanches aux boiseries bleues, ses ruelles qui montent, descendent, s'enchevêtrent, se perdent elles aussi à l'infini, des multiples chapelles, pas mal de moulins, trois pélicans bien vivants, mascottes de l'île et un quartier vénitien (où est le raton laveur?)! Seul Jean De Graeve se retrouve dans ce labyrinthe et finit par nous confier à un taxi.

La soirée est à la fois froide et chaude. Froide car on est toujours en avril, au bord de la mer, que le vent vient du Nord et que l'humidité est forte; chaude car pleine de chants, de danses et d'alcool. Ce soir les profs ont ouvert le feu en offrant l'apéro dès 19 h sur la terrasse. L'ambiance est formidable. Malgré le temps plutôt « refroidissant », quelques élèves osent le bain de minuit. Quelques temps plus tard, voulant sans doute les accompagner, Bill (Pascal donc!) traverse la terrasse, continue sa marche décidée sur le toit de la remise à bateaux (sans passer au travers, quel miracle!) vers une chute évidente de 3 mètres 50! J'ai le temps de le rappeler en hurlant sur le ton de l'institutrice autoritaire: Bill, reviens! J'ai les mêmes à la maison! Bref, sans fausse modestie, je lui sauve la vie, quoi! en tout cas, une jambe ou l'autre.!

Samedi matin, nous partons pour Délos, une île musée, à une demi heure de bateau. Il fait grand beau et nous rougissons de conserve devant les temples d'Apollon et de Dionysos, demi-frères ennemis, toujours associés pour ne pas oublier que les joies de l'art et de l'esprit ne doivent pas être séparées des plaisirs charnels. Le soleil nous poursuit jusque dans la maison de Cléopâtre ou celle du Triton . Grâce à un guide comédien, nous revivons, sans ennui, une vingtaine de siècles et même davantage.

L'après-midi libre au bord de la piscine complètera l'ouvre du matin: la tendance homard (cuit) est à la mode! Fin d'après-midi, quelques élèves retournent à la ville tandis que les quatre dames de l'expédition explorent les criques voisines, réputées pour le naturisme. Elles retrouvent Bruno Hanquinet, surnommé la veille par les élèves, Cap'tain' Igloo : il en a la barbe, la casquette, l'allure. Un drôle d'original, artiste peintre bruxellois, un peu ivrogne et fort bavard mais qui connaît bien le coin et nous accueille avec un plaisir évident. Retour à l'hôtel par le sentier le long des rochers. Les élèves ont réservé un resto sur la plage et cette soirée encore s'annonce très conviviale.

Dimanche, on part vers Santorin avec une escale à Paros. Plus ou moins une heure d'arrêt entre deux bateaux pendant laquelle Liliane et Georgette ne retrouveront pas la bijouterie repérée lors d'un précédant voyage.c'est la retrouver , 10 ans plus tard, qui eût été un miracle!

Sur le bateau qui nous mène dans la Caldeira de Santorin, les délires des premiers jours reprennent de plus belle. D'abord, Liliane a égaré la clef de sa chambre d'hôtel à Mykonos, les élèves ont oublié Jacky (leur mascotte dont ils sont chacun tour à tour responsable) sur la terrasse; coincé entre un pied de chaise et le muret. Sur le bateau, Alice erre de pont en pont cherchant où elle a pu déposer ses affaires et Guillaume m'annonce royalement qu'il a refermé le cadenas de sa valise avec sa clef à l'intérieur bien sûr! Ce contretemps trouvera sa solution à l'hôtel Villa Soula (nom prédestiné on dirait) à Fira ou Tira, où la tenancière résout le problème à coup de clef à molette! Mais c'est le seul de nos problèmes qu'elle résoudra, de bonne grâce en tout cas! Pendant ce temps mes camarades sont aux prises avec les organisateurs locaux, pas moins de trois, dont une traductrice, pour nous tout seuls! Ce n'est hélas pas pour cela que tout va mieux comme vous allez le découvrir!

Nous partons vers Oia à pied, superbe balade de 10 kilomètres le long de la falaise. Cependant,ici aussi le terrain est accidenté et empierré. Le groupe est parti plein de courage et nous devance de plus en plus. Faut dire que Georgette et moi, on y met le temps, on se perd à loisir. On prend des photos, on reprend notre souffle, on fait « pipi » derrière les rochers et on se tient la main comme deux collégiennes pour affronter la descente caillouteuse et abrupte vers la route, avec notre sac au dos et nos petites chaussettes blanches!.Cette vision des quinquagénaires redevenues écolières nous flanque le fou rire. Il est déjà 19 h passées, nous décidons de ne pas affronter le dernier tronçon à la tombée de la nuit et nous voilà faisant du stop sur la route. Faut dire que dans ce pays, les bus roulent ou ne roulent pas, mais on ne sait pas pourquoi; ils ne démarrent que lorsqu'ils sont pleins ou pas du tout! Bref en cette soirée du dimanche, nous comptons plutôt sur la bienveillance des autochtones. Ce qui ne tarde pas à arriver: un couple d'âge bien mûr, nous accueille et nous conduit à destination. Arrivée dans le village, nous dépassons un groupe d'élèves qui arrivaient sur les lieux! Et hop!, voilà Georgette et moi qui plongeons dans le fond de la voiture sous l'oil ahuri de nos hôtes. Mais quoi, on a sa fierté quand même! Comme nous sommes un peu à l'avance et en espérant que nos élèves ne devinent pas la supercherie - petite supercherie de à peine 3 Km sur 10! - nous prenons un apéritif avant de rejoindre le resto où nous avons rendez-vous à 20h30. Un apéro, deux apéros. Nos amis s'inquiètent et nous?... on boit! Ouzo et retsina.Enfin nous rejoignons le groupe pour le souper. Un de nos guides est là et fait des tours de magie pour les élèves. C'est nous qui payons tout ça? Le car vient nous rechercher, ils sont deux chauffeurs! Décidément que de monde sur cette petite île, à croire qu'ils n'ont vraiment rien à faire le dimanche!

En arrivant à Oia, quelques élèves découvrent un chiot craquant qui semble perdu . C'est un véritable déchirement quand il faut le laisser à sa patrie. Les gens, les objets et les chiens perdus sont décidément les maîtres mots de notre voyage.

Plus tard, pendant que ces dames boivent un verre dans un bar à jazz, les élèves découvrent le Murphy, haut lieu de la vie nocturne santorinienne. Ce soir, de joie, Isabelle saute sur son lit et réussit à le défoncer: deux lattes cassées; Georgette répare le tout avec son soulier! Fou rire irrépressible, les profs sont pires que les élèves à leur heure! Mais chut.Ni vu ni connu.On ne compte pas s'en vanter devant les élèves. mais Pierangelo qui est resté à l'hôtel a tout entendu! Zut et rezut!

Le lundi matin est libre et nous en profitons pour faire du lèche-vitrine. L'après-midi nous partons en caïque vers le volcan et nous l'escaladons! La récompense? C'est la fumée de soufre qui s'échappe encore de cette terre émergée depuis peu; une cheminée dans laquelle nous avons failli perdre Bill et Jacky ; et surtout la vue splendide de la Caldeira: on découvre, tout autour de soi, les bords de l'ancien volcan qui explosa il y a 3.500 ans.Il fait froid pendant le trajet de retour, les nuages cachent le soleil et le vent est glacé. Ceux qui ont eu le courage de se jeter à l'eau après la marche ont du mal à se réchauffer. Mais le soir, l'ambiance torride du Murphy et les petits cocktails du lieu nous ferons tout oublier . mais n'anticipons pas. Pour commencer la remontée sur Fira (chef lieu de Santorin) à dos d'âne en remet certains en selle. Par contre cette remontée fut fatale à d'autres: rien de grave, pas de vie p erdue mais seulement des photos! Suite à une mauvaise manipulation, Georgette efface les photos numériques du jour! Mais quel saint ma mère priait-elle encore quand elle perdait quelque chose? Il nous aurait pourtant été bien utile tout au long de ce voyage!

Il fait donc froid et humide quand nous rentrons à l'hôtel et nous ne disposons pas de la télécommande qui actionnerait le chauffage de nos chambres. Nos affaires sont mouillées, les chambres sentent le moisi et les coussins sont moisis! Nous avons des photos à l'appui. Discussions avec la tôlière (dans le sens littéral du mot!) qui refuse de nous confier ces télécommandes: «  le chauffage n'est pas compris dans le prix des chambres! ». Tollé général, téléphone aux organisateurs locaux, puis belges. Bref, voilà notre hôtesse contrainte et forcée de nous pourvoir en chaleur. Pendant ces échanges, pour garder le moral, nous, les accompagnateurs nous prenons l'apéro dans la salle à manger de l'hôtel où nous avons mis de force le chauffage. La dame vient nous l'éteindre d'autorité: on a droit au chauffage seulement au petit déjeuner (seul repas que nous prenons chez elle! et, soit dit en passant, les uns après les autres car l'endroit peut contenir une petite vingtaine de personnes et nous sommes 44!).

Mais ce n'est pas tout! La nuit, pendant que nous nous éclatons au Murphy, Gaëlle et Thomas viennent nous annoncer la grande nouvelle; le premier étage de l'hôtel est sans électricité et donc. sans chauffage! On a beau chercher, on ne trouve pas de solution!

Pour parachever sa vengeance, le lendemain, l'hôtelière refuse désormais que nous laissions nos bagages dans les chambres jusqu'à l'heure du départ, ce mardi 19h, comme cela avait été convenu. On doit déblayer les chambres pour 13h et les bagages de l'hôtel pour 17h! Bref, nous devons bien nous plier aux exigences. Nous partons cependant le cour léger visiter les fouilles d'Akrotiri, les restes de cette cité engloutie par l'éruption de 1500 avant J-C.

Et pour corser cette après-midi un peu gâtée, on nous prévient que le bateau aura 3 heures et demie de retard. Départ 22h30! Bingo! Nous apprenons dans la foulée que la signature de l'élargissement de l'Europe à 25 pays se déroulera dans le cour d'Athènes, que par conséquent toute la ville est bloquée y compris l'accès à l'Acropole! Sécurité oblige! On oublie les ruines et le berceau de notre civilisation! Contre mauvaise fortune bon cour, nous ravalons notre déception, nous buvons un verre ensemble, nous allons voir le coucher de soleil sur la baie, puis nous allons manger. Nous sommes vraiment résistants!

Après tant d'émotions, la nuit sur le bateau est moins festive que prévu. Nous débarquons enfin à Athènes en début de matinée. Le car nous attend et nous emmène à l'hôtel du premier jour pour prendre un déjeuner copieux et où Georgette retrouve ses tapis!. Le ciel est bleu et le soleil radieux, nous décidons donc de nous faire conduire sur une plage pour y faire dorer notre peau à défaut de nourrir nos esprits; tous les sites étant fermés dans l'Attique en ce grand jour de fête nationale. Hélas pour nous, le vent du Nord coupe nos corps meurtris en deux. Ce n'est décidément pas encore l'été. Pourtant la bonne humeur reste de mise, on retrouve nos chiens perdus sans colliers (décidément nos élèves ont la cote!), on mange des fruits de mer ou des glaces, on joue ballon, je reçois en cadeau une bouteille de champagne russe.et on perd Bill!

Quel superbe voyage! Quel groupe génial! Que de souvenirs quand la magie des Cyclades s'ajoute au surréalisme à la belge.

 

Marie-France Granier

©2004 Copyright AREsneux - Réalisation : Georgette Sante & Laurent Dasthy