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photos
Lundi 22 septembre 2003
On prend le train à 8h42 à Esneux pour arriver en gare de Jemelle moins d'une
heure plus tard. Un bus nous attend pour nous conduire au centre des Masures… un bus
et une camionnette pour mettre nos bagages: nous sommes dix plus deux profs!
Après l'installation dans nos chambres (il nous a fallu faire notre lit: on n'est
pas à l'hôtel, que diable!), les activités commencent: Raymond résume
le règlement d'intérieur, donne un schéma de nos activités de la
semaine et présente la région dans laquelle nous nous trouvons: la Famenne et
plus particulièrement la Calestienne.
Après le repas de midi, c'est sous un soleil radieux digne des canicules de cet été que
nous prenons le départ, sous la conduite de Bruno, pour la balade du Belvédère;
ou plus exactement pour l'observation du transect du Belvédère et la récolte
de différents "matériaux" que nous devrons plus tard analyser et comparer:
- litière (la couche superficielle du sol formée de débris végétaux),
- prélèvement de sol,
- échantillons de végétation ligneuse,
- relevé des températures, …
Le terrain est escarpé: après la montée au Belvédère,
on redescend une pente abrupte (certains le font d'ailleurs sur leur derrière), on traverse
une vallée sans cours d'eau pour remonter ensuite vers notre point de départ.
Chemin faisant, nous observons:
- les différents sols: schistes, calcaires et grès dans la vallée,
- les strates de végétation: muscinale, herbacée, arbustive, arboricole,
- le paysage et l'affectation des sols.
A notre retour, après une délicieux collation (deux chaussons aux abricots)
et quelques verres de boisson rafraîchissante (à la menthe, à la grenadine
ou au citron), nous préparons notre travail pour nos labos des prochains jours:
- isoler 100 grammes (très exactement) d'échantillon de sol, afin de mesurer
le niveau d'hygrométrie;
- mettre tous ces échantillons de sol dans l'étuve à 100° pour
pouvoir étudier des sols secs;
- placer la litière dans un "Berlèse-Tuligren", appareillage simple
composé d'un tamis au-dessus d'un entonnoir, soumis à la chaleur et à la
lumière (ampoule): un petit récipient rempli de méthanol récoltera
les petits animaux (mésofaune) qui, fuyant de plus en plus bas dans la litière,
passeront à travers les mailles du tamis et y tomberont via l'entonnoir.
La journée fut bien remplie. Nous sommes épuisés mais un substantiel
souper nous attend: brochettes et ebly. La journée n'est cependant pas finie: un jeu
du style "Génie en herbe" opposera 6 équipes de 7 joueurs, tous établissements
confondus… Quoique les deux équipes contenant la majorité des élèves
d'Esneux se retrouvent ex æquo en tête et une question subsidiaire doit les départager.
Vive Esneux.
L'extinction des feux est prévue pour 22h45. Personne ne demande son reste. Bonne
nuit.
Mardi 23 septembre 2003
Débout à 7h du mat, nous prenons notre déjeuner, copieux, à 8
heures (précises). Les accros au café se font gâter par les profs car nous
avons seulement droit à du chocolat chaud; le jus de fruit est disponible au prix de
2 € la brique.
Il a plu pendant la nuit et la température extérieure a nettement chuté.
Nous sommes contents du programme qui nous impose ce matin un laboratoire sur l'analyse des
sols. Avec l'aide de Raymond, nous procédons:
- à l'analyse granulométrique des sols (texture du sol),
- au calcul de la teneur en eau des sols au moment du prélèvement,
- au calcul de la rétention d'eau et de la perméabilité des sols,
- à la détermination du pouvoir tampon des sols,
- à la détermination de la charge caillouteuse...
Un peu long et fastidieux… mais Mme Degraeve nous rassure: les autres labos sont plus "amusants".
L'après-midi, nous arpentons la chavée autour du Rond Tienne pour examiner
les phénomènes karstiques et géomorphologiques. Nous observons l'évolution
du cours d'eau au fil du temps, l'action de l'eau sur le paysage, etc. Raymond nous parle de
doline (petites cavités dans le relief), perte (ou chantoir), résurgence, d'exurgence,
siphon…
On étudie plus particulièrement les phénomènes karstiques en
examinant la morphologie de la grotte d'Eprave, grotte non aménagée et interdite
aux touristes que nous avons le privilège de visiter. C'est le "clou de cette sortie":
sol glissant, parois humides et boueuses, passages d'eau vaseuse, équilibre sur les
genoux et les mains pour ne pas tomber dans un crevasse étroite, descente en rappel,
remontée par un boyau étroit, passage dans le noir total, … Ce sont aussi
nos premières expériences avec la spéléologie. On en ressort fiers
d'avoir vaincu notre angoisse, fiers des efforts consentis.
On a de la boue partout. Il faudra se rincer au plus vite avant de visionner un vidéogramme
intitulé "Grès, schiste et calcaire dans le paysage" et résumant
les multiples observations que nous avons faites cet après-midi.
En soirée, après un repas aussi copieux que les précédents, nous
assistons à l'information donnée par François Goossens, intitulée "randonnée
mortelle" et traitant du problème des accidents, souvent mortels, qui surviennent
chaque week-end après les sorties des jeunes. Décoiffant!
Mercredi 24 septembre 2003
Il fait encore plus froid ce matin. Au programme une matinée d'analyses en laboratoire
en compagnie d'Evelyne, soit:
- étude chimique de la dissolution des roches calcaires dans la formation des grottes,
des stalactites, des stalagmites;
- dosage du calcaire dans les eaux récoltées hier dans la Lomme, le siphon
et la grotte et comparaison avec de l'eau ordinaire.
L'après-midi, nous nous rendons en car sur la Lesse, juste avant le gouffre de Bellevaux
(là où la Lesse s'engouffre dans le massif calcaire pour former les grottes de
Han et ressort trois kilomètres plus loin), pour:
- analyser les eaux: recherche du calcium, du pH, de l'O2 dissous et des nitrates;
- prélever des échantillons de la faune aquatique.
Chaussés de bottes, armés de passoires et de pinces, nous récoltons
quelques invertébrés; certains préfèrent "pêcher" avec
leurs bottes (n'est-ce pas Bouly!). Il fait doux et ensoleillé. Quelle agréable
manière d'aller à l'école!
Nous rentrons ensuite observer le produit de notre pêche au binoculaire. Surprenantes
ces petites "bêtes"! Plus difficile: il nous faut ensuite de les reconnaître
et de les classer.
En fait, tout ce travail nous permet de calculer l'indice biotique et donc mettre en évidence
le degré de pollution des eaux. L'évaluation biologique de la qualité des
eaux est basée sur l'évaluation de la diversité des espèces d'invertébrés
qui peuplent les eaux courantes. Certains groupes faunistiques étant plus ou mois tolérants
aux pollutions, en fonction de la faune trouvée, on détermine si l'eau de la
rivière est propre ou polluée et à quel degré.
Ce mercredi, la soirée est consacrée à une activité spéléo… Parmi
les 9 élèves (sur 12) préalablement inscrits, seuls 6 courageux, encadrés
de Cynthia et Philippe, iront ramper dans la pénombre et la boue sur quelques 60 mètres.
Qu'on ne s'y trompe pas: c'est beaucoup! La sortie, appelée "la boîte aux
lettres", est un exercice d'équilibre, de souplesse et de sang froid; sinon, il
faut faire demi-tour - sans honte aucune!
Jeudi 25 septembre 2003
Ce matin, c'est Christophe qui nous fait le résumé des différents types
de "bêbêtes" qui peuplent les litières que nous avons récoltées
lundi; nous pouvons les observer à l'aide du binoculaire et, plus difficile, nous devons
les reconnaître et les classer:
- les vers et larves de diptères (sans pattes),
- les insectes (à six pattes),
- les arachnides (comme les araignées et les scorpions),
- les myriapodes (beaucoup de pattes.
Après une petite pause, nous apprenons à distinguer les différents
rameaux que nous avons également récoltés lundi. Pas toujours facile!
Le but est évidemment de déduire les caractéristiques des différentes
zones visitées.
Après-midi, promenade sur un sentier forestier: montée du versant nord du "Tienne
du Rond du Roi" et descente du versant sud. Une excellente synthèse "sur le
terrain" des notions vues cette semaine! L'objectif est de réfléchir sur
la diversité des forêts et les pratiques sylvicoles anciennes et actuelles.
A différents endroits indiqués par Christophe, nous déterminerons:
- les essences forestières dominantes,
- les strates de végétation,
- le régime (taillis, futaie, taillis sous futaie, pelouse),
- la régénération naturelle,
- les plantes indicatrices.
Grâce à toute une série de gadgets qui nous sont fournis, nous mesurerons également:
- la hauteur de la litière,
- le type d'humus,
- la nature de la charge caillouteuse du sol (avec du HCl),
- le pH sol,
- l'orientation de la pente (avec une boussole),
- l'inclinaison du versant (avec un clinomètre).
De retour en classe, nous déterminons quels éléments vivants et non
vivants, naturels ou humains, constituent chaque écosystème de la forêt
et nous cherchons les relations existant entre ces éléments.
Ce midi nous avons mangé de la choucroute. Ce soi,r le menu prévu était
du cabillaud. Ce qui a fait dire à certains qu'ils ne mangeraient rien pour la journée!
Les éducateurs de nuit ont-ils entendu nos réflexions? Ils ont fait changer le
programme et organisé un barbecue en soirée. Le soleil était de la partie.
Bien agréable, ces brochettes et crudités dans la prairie derrière le
centre. Pour couronner le tout, un excellent gâteau confectionné tout spécialement à l'occasion
de l'anniversaire de Jennifer. Bon anniversaire, Jennifer! Et comme l'a fait remarquer un éducateur:
maintenant, si tu fais des conneries, tu as le droit d'aller en prison!
Mais la soirée n'est pas finie, on ne se quitte pas comme cela. Nos professeurs, Mmes
Degraeve et Sante, nous offre un (que dis-je, deux) verres au bar des Masures, en compagnie
des élèves (Renaud et Michaël) et enseignants de l'école de Bruxelles.
Ensuite, nous retrouvons les élèves de Wavre pour une soirée dansante
animée par Stéphane. Et dire que demain matin, il faut que les valises soient
fermées à 8h du mat.!
Vendredi 26 septembre 2003
Matinée de synthèse: Bruno nous divise par groupe; chaque groupe reçoit
des questions auxquelles il doit répondre et surtout formuler des hypothèses;
chaque groupe présente le résultat de ses réflexions à l'ensemble
de la classe. Pour la circonstance, les trois écoles (Esneux, Demotte-Couvreur (Bruxelles)
et Wavre) ont été réunies.
Voici quelques exemples de questions:
- expliquer géologiquement et chimiquement le phénomène de formation
des grottes;
- imaginer le volume de calcaire transporté en un an par les eaux;
- déterminer pourquoi il y a de telles différences biologiques et chimiques
entre les eaux récoltées;
- à l'aide d'une carte topographique, comparer les raisons de la formation de la vallée
sèche du Rond Tienne et de celle observée lors de la balade dans le transect
du Belvédère;
- émettre un hypothèse expliquant pourquoi il y a une telle diversité d'espèces
dans les litières récoltées dans les différentes stations du transect
du belvédère;
- même question pour la végétation ligneuse;
- même question pour les sols et les températures;
- déterminer et classer (par importance, par catégorie) les éléments
qui influencent les différences constatées dans la forêt arpentée
le jeudi, et qui en fait sont plusieurs forêts différentes.
Cécile, Valentine, Géraldine G. et Mickaël (Brx) explique la diversité de
la faune récoltée dans les litières du transect du Belvédère.
Maxime, Jean-Philippe, Jennifer, Loraine, Géraldine W. et Renaud (Brx) rendent comptent
de leurs observations sur le sentier forestier. Magali travaillera avec un groupe de Wavre
sur la composition des sols du transect du Belvédère.
C'est l'heure du retour, l'heure des adieux... Une semaine qui a passé bien trop vite!
Collectif des participants au stage
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